lundi 27 avril 2009 par Icare
Des amis m’ont appelé pour me prévenir que sur un site, à la une, j’ai eu droit à un « article ». J’ai suivi le lien et je suis tombé sur ce qu’a écrit un certain M. Winnat dont je ne citerai pas le nom pour lui laisser la chance de se faire connaître en utilisant sa matière grise pour produire quelque chose au lieu de chercher à se faire une réputation en pondant un semblant de « critique » sur une de mes chansons. Je ne connais pas M. Winnat et lui ne me connait pas non plus mais surtout ne connait pas mes chansons. Certains amis m’ont demandé de lui répondre, d’autres, plus nombreux c’est sûr mais plus sages peut être, me conseillent de laisser passer la polémique « ce n’es qu’un papier virtuel ». Mais, comme vous tous, sur certaines questions comme celle-ci, nous demandons à avoir l’avis de nos amis pour finir par prendre la décision que nous croyons juste. J’ai donc décidé tout simplement de répondre.
Premièrement, je ne vois pas la motivation d’un intérêt porté sur une de mes chansons ; sortie il y a plus d’une année et mise sur dailymotion depuis 24 mois, je veux dire que je ne rempli pas des zéniths, ni même des cafés théâtres de 50 places, je ne suis pas au top des ventes de CD je n’ai pas vraiment le poids pour changer ou influer sur la pensée d’une société ou sur le cours de son Histoire au regard de mon maigre succès qui ne fait pas de jaloux. Pourquoi donc, M. Winnat m’accuse à travers une de mes chansons de casser le morale des troupes kabyles mobilisées au front ou avec ses termes de « chanter la passivité, la démobilisation et l’inutilité de la lutte » !? Est ce que ma chanson, dans cette conjoncture socioéconomique, avec tous les vrais problèmes que nous connaissons et avec tous les fléaux qui gangrènent la Kabylie, est de taille pour faire l’objet d’un article l’accusant de ralentir ou d’entraver le travail de nos élites et de nos partis politiques kabyles !? Non. Les vraies motivations de M. Winnat sont donc à chercher ailleurs.
A la lecture de ce qui a été dit sur le site, M. Winnat ne fait pas que critiquer une de mes chansons (tafsut taberkant), ce qui aurait été son droit je le confesse, si seulement il l’avait fait sans verser dans des jugements de valeurs sur mes talents d’artiste. Mais ce qui me pousse à répondre c’est de le voir, sans vraiment écouter mes 3 albums, me traiter d’« imitateur qui abuse des reprises et des adaptations qui, souvent, sont carrément des traductions, [je serai selon lui tout ça plutôt] qu’un artiste accompli ». Ensuite de se permettre de me donner des conseils, vous savez, ce genre de conseils qui font émerger une espèce de chanteurs officiels … prisonniers d’idées, d’idéologies … à la solde d’un parti, d’un pouvoir ou d’un État … alors que j’ai une autre idée de la chanson que je souhaite faire. Je ne suis prisonnier que de ma liberté que je revendique ici ; celle de dire ce que j’ai envie de dire sans chercher à plaire à Winnat et ses amis et sans me soucier de vendre plus ou moins de disques. Désolé de vous décevoir M. Winnat je ne serai jamais le chanteur kabyle officiel dont vous rêvez. Je ne m’étalerai pas sur le sens de ma chanson « tafsut taberkant », qui vous dérange tellement, les auditeurs la comprennent bien et témoignent de ça en votant pour elle et en la mettant dans leurs favoris sur dailymotion.
Pour information, j’ai eu à composer deux textes sur le thème de la chanson « tafsut taberkant ». Il fallait M. Winnat, prendre la peine de chercher sur Internet le plus d’informations possible sur votre « cible » pour écrire votre « article » comme le font les professionnels avant de vous lancer dans des jugements infondés sur mes talents et mes positions politiques. La première chanson sur ce qui s’est passée en Kabylie et qu’on appelle aujourd’hui « le printemps noir » est sortie en 2001/2002 dans mon premier album « Salupri » s’intitulait « tabratt n idammen », disponible à l’écoute sur Internet sur le site bgayet.net
Revenant un peu en arrière pour que vous sachiez que je ne suis pas étranger à ce que vous racontez dans votre papier. En 2001, j’étais étudiant en magistère de langue et Culture Amazighes et aussi membre actif avec Belaid Abrika, du Club Scientifique en Langue et Culture Amazighes. J’étais responsable et animateur d’un magazine entièrement rédigé en kabyle : Tira. J’étais aussi membre du comité de rédaction d’une revue d’études Amazighes qu’on a appelait Anadi. A l’éclatement des évènements après l’assassinat du jeune Guermah Massinissa dans les locaux d’une gendarmerie j’ai été présent et mobilisé au sein de l’université de Tizi-Ouzou pour préparer un cadre et canaliser le mécontentement de la population et arrêter surtout l’assassinat de nos jeunes. Mais aussi ma présence avec une centaine d’étudiants était pour empêcher à ce qu’un groupe de je ne sais qui ne se laisse tenter par la volonté de brûler et de dégrader l’université de Tizi-Ouzou. Nous les avons repoussé plus d’une fois, des fois en plein nuit.
A l’époque j’étais aussi un habitué d’un studio d’enregistrement où, sans trop de sérieux, j’enregistrais des chansons pour le plaisir en espérant qu’un jour je fasse aboutir l’enregistrement de mon deuxième premier album.
Lors d’un week-end à Azazga je suis allé voir de mes propres yeux l’endroit où Ircham Kamal, un jeune des Ait Aissi à Yakouren, qui touché par balles, aurait, selon la version des présents, écrit avec son sang sur un mur le mot « Liberté » avant de succomber à ses blessures à l’hôpital. J’ai été profondément bouleversé de voir ce mot écrit avec du sang on distinguait même l’emprunte des doigts qui ont glissé sur le mur en marbre en écrivant les lettres du mot LIBERTE en majuscules. Rentré à l’université j’ai composé une chanson que j’ai tout de suite proposée à l’écoute à M. Ticilia avec qui je travaillais sur mon album. Nous avons décidé de la mettre sur bande. Un de mes amis artiste (Si Moh) m’a déconseillé de la chanter dans un album, il a dit qu’à ma place il attendrait au moins 5 ans avant de la sortir. Mais je ne l’ai pas écouté et la chanson est sortie avec l’album Salupri en 2001/2002 et j’ai tout de suite regretté sa sortie en l’écoutant avec un peu plus de recul. Il avait raison. Après cinq ans je n’ai pas que regretté de l’avoir chanté mais j’ai même composé « tafsut taberkant ». Il faut écouter « Tabratt n idammen » pour comprendre pourquoi. Voir ici
Il faut que vous sachiez M. Winnat que pour moi l’année de l’algérie en France ou un gala organisé par le FFS ou le RCD ou le MAK ou le FLN ou bien une émission organisée un mois de ramadhan ou un 20 avril ou un 5 juillet ou un 14 juillet ou aussi une fête organisée un noël ou un aïd … Pour moi, toutes ces occasions sont des occasions pour lesquelles je ne me bousculerai pas pour chanter sauf le jour où je le souhaiterai pour des raisons que j’ignore encore à présent ou tout simplement pour voir encore plus d’articles du genre que celui auquel je répond.
Je l’ai toujours dit pourtant, il n y a pas de Savoir dans ma chanson ; ceux qui veulent acquérir un savoir quelconque n’ont qu’à fréquenter les bibliothèques et les écoles. Ma chanson ne changera pas le régime algérien, ne ramènera pas la liberté ou la démocratie, elle ne sauvera pas non plus notre identité … pour changer ou renverser le régime algérien mobilisez-vous dans des partis politiques si vous avez toujours confiance, constituez des groupes armés, faites des révolutions si vous croyez toujours que ça existe, sacrifiez-vous si vous voulez, manifestez, montez au maquis … mais ne me demandez pas de chanter pour vous l’ordonner ou même vous le suggérer. Pour sauver notre identité et nos langues et culture, écrivez, lisez plutôt les dizaines de romans et de poésie écrits en kabyle qui sortent chaque année et qui ne trouvent pas de lecteurs. Encouragez BRTV pour qu’elle s’améliore, écoutez les radios kabyles sur Internet …
N’attendez pas de moi des chansons qui galvanisent les foules comme le dit si bien l’ami du MAK que je remercie au passage d’avoir pris ma défense avec autant de talent …
Le jour où je composerai une chanson pour appeler mes semblables à affronter les balles pour se faire tuer ou prendre les armes pour tuer, je n’aurai probablement pas le temps de terminer sa composition parce que je serai déjà devant eux affrontant les balles, le fusil à la main. Mais pour l’instant, contrairement à vous M. Winnat, par honnêteté, vivant en France je n’oserai pas demander à mes semblables d’aller tuer ou se faire tuer. Comment chanter des idées pareilles alors que je vis loin de ma Kabylie. J’ai quitté la Kabylie 4 mois seulement après le déclenchement de « tafsut taberkant », je pouvais rester mais comme les milliers de kabyles j’ai fait le choix de partir et ce n’est pas à mes semblables que je cacherai mon soulagement de voir le bateau s’éloigner du port d’Alger vers Marseille. Alors par respect à l’intelligence de mes frères restés en Kabylie et par respect aux larmes des mères qui ont vu leurs enfants arrachés à la vie à la fleur de l’âge et par respect aux âmes des jeunes kabyles qui n’ont pas eu la chance d’avoir des visas comme nous, je ne ferai pas de chansons pour leur suggérer de mourir assassiné par des gendarmes. Je ne composerai pas de chansons pour faire monter l’adrénaline et glorifier la mort pour que ceux qui m’écoutent n’aient pas peur de l’affronter. Je ne composerai pas de chansons pour leur promettre le paradis et une place de martyr sur le marbre de l’Histoire pour que les futures générations retiennent leurs noms.
Vous savez, je n’écoute pas Brassens pour le plaisir de l’annoncer dans une interview et gagner quelques auditeurs ou pour paraître instruit, je l’écoute parce que ça me plait de l’entendre chanter « Le Jour du 14 juillet, Je reste dans mon lit douillet. La musique qui marche au pas, Cela ne me regarde pas ». Ou bien quand il dit : « Aucune idée sur terre n’est digne d’un trépas, il faut laisser ce rôle à ceux qui n’en ont pas ». Mais peut être que M. Winnat ne peut pas s’élever pour saisir la portée de cette sagesse ; celle de ne pas souhaiter la mort pour soi ni surtout pour les autres. Apparemment Winnat, lui, appelle ça « chanter la passivité ».
J’ai les moyens de composer et de faire des chansons sur mesure pour glorifier la JSK et le sang de (nos) martyrs et (nos) glorieux ancêtres (le « nos » déjà sonnerait comme un discours que je n’assume pas) mais si je ne le fais pas c’est parce que je m’interdis de ne pas penser ce que je dis et chante. Je ne considère pas la chanson comme une marchandise que je vends selon la demande. Je ne maitrise pas le double jeu des politiciens qui vous demandent de faire la révolution pendant qu’eux s’occupent de leurs enfants et de leurs petites carrières et sautent sur le premier poste qu’on leur propose dans les institutions officielles.
Je suis assez conscient pour comprendre que si la chanson a mobilisé à une certaine époque, de nos jours, avec l’aliénation culturelle, la mondialisation et la diversification des médias … la chanson n’est que du vent dans une flûte. Sinon comment expliquer qu’après les chansons d’Aït Menguellet, celles de Matoub, de Slimane Azem, de Ferhat, de Idir … nous, les kabyles, sommes toujours sous le joug du pouvoir algérien et nos printemps multicolores (noir, rouge …) ne nous laissent comme semblant de victoires que des dizaines de morts. Tout comme nos malheureux ancêtres (objet d’une chanson dans le 4e. album qui arrachera le sommeil à M. Winnat), nous sommes toujours impuissants, nos divisions s’accentuent et s’agrandissent de jour en jour et nous ne savons rien faire d’autre que de s’exiler au Canada, en France ou aux USA. Aujourd’hui, aucune chanson n’est censurée par le pouvoir algérien. Il n’a pas peur de nos chansons ni de la symbolique de la JSK (pour info les joueurs de la JSK et Hannachi ont assisté à la venue de Boutef à Tizi).
Alors M. Winnat, vous ferez mieux de jeter mes CD si vous les avez vraiment et de ne plus chercher à m’écouter (surtout le prochain) je ne changerai pas de trajectoire pour vous faire plaisir. Je serai toujours absent de vos plateaux télé le 20 avril. Le 20 avril, moi je le fête avec mes amis et nos familles, j’écoute Ferhat, Aït Menguellet, Matoub et Idir et je sors acheter ou même racheter un roman où un recueil de poésie en kabyle. Je serai absent de vos zéniths et sur les plateaux des Tv officielles. Mais néanmoins, je serai un kabyle soulagé parce que j’aurai dit encore une fois ce que je pensais tout en sachant que certains kabyles (dont M. Winnat) n’apprécieront pas. Mais je dormirai la conscience tranquille. Ma chanson, sans aucun doute, ne remplira pas des zéniths ni mes poches d’argent d’ailleurs, mais, du coup et ça me soulage, elle ne cautionnera aucune idée susceptible de remplir nos cimetières … de jeunes kabyles assassinés. Les générations futures qui se pencheront sur ce que nous leurs laisseront comme héritage ne trouveront pas ma guitare maculée de sang … sauf du mien peut être, si des gens comme Winnat, passent à l’acte pour me réduire au silence parce que je ne suis pas réglé à leur diapason. Je termine par ces vers de Lounis Aït Menguellet :
Wigi yettseggimen ccna
Gher ldjiha-nnegh ad ten-id-nernu
Ad sen-nini nettdafa
Ghef teqbaylit ad d-tehyu
Ad agh-id-âiwnen merra
Kul yiwen ad d-yehdu asefru
Mi newwed s ayen i nebgha
Ssut-nsen ad t-nemhu
Ula d afrux di lexla
Ad t-nssegged ma icennu
Ceux qui font de la belle chanson
Nous les mobiliserons à nos côtés
Nous leurs dirons que nous combattons
Pour que ressuscite notre identité
Ils nous prêteront main forte
Dédieront des poèmes à notre cause
Sitôt nos ambitions satisfaites
Nous les réduirons au silence
Ce jour-là nous pourchasserons
Même l’oiseau qui oserait ouvrir son bec pour chanter
Cliquez pour écouter la chanson Tafsut taberkant
Permettez-moi de tenter une lecture critique de la chanson de Zimu.
Au préalable, je crois qu’il convient de pointer du doigt quelques fausses évidences relevées à la lecture de certains commentaires. 1. Premièrement, certains intervenants dressent des murs trop hauts entre les adaptations et les créations littéraires (pures si pureté existe en littérature). La chanson de Zimu Tafsut taberkant, est considérée comme une adaptation d’une chanson de Renaud (Les charognards), d’abord par l’auteur par soucis d’honnêteté intellectuelle, comme il l’avoue lui-même dans une émission télévisée, ensuite pour réduire de sa qualité et de sa « pureté » par opposition aux créations littéraires pures, comme le fait remarqué l’auteur de l’article le journaliste Akli Halim et certains intervenants. Malheureusement cette attitude de ne pas considérer les adaptations comme d’authentiques créations littéraires n’a aucun fondement objectif en littérature. En effet, La littérature est un domaine immense, aucune œuvre n’est unique. On ne devient pas poète sans lire la poésie ni écrivain sans lire des romans. De par là même, toute œuvre est une création. Donnons un exemple dans la chanson kabyle essayez d’énumérer le nombre de chansons portant sur la thématique de « Lemri » (le miroir) (les plus connus : Cherif Kheddam, Zeddek Mouloud ...) sans compter l’allusion à cette thématique dans des dizaines d’autres chansons. Un thème traité bien des fois dans la chanson mais chaque texte est porteur de subtilité. Heureusement d’ailleurs pour nous, sinon, la production en littérature serait limitée dans le temps et s’épuiserait depuis des siècles parce que tout a été dit comme on le dit chez nous. 2. Deuxièmement, je vous invite aussi à écarter tout doute sur l’originalité de la chanson de Zimu en vous rappelant la chanson originnelle de Renaud. Renaud dans sa chanson les charognards raconte l’histoire d’un jeune homme « né à Sarcelles et qui crève aux Champs Elysées » dans un « braquage foiré ». Touché par balles, le jeune braqueur gisant sur le sol dans une marre de sang, nous rapporte (par la voix de Renaud qui s’est mis dans sa peau) les réactions xénophobes et méchants des commerçants et de certains passants, mais, (la tendresse de la chanson et sa chute) le jeune tué a aussi distingué l’humanité de cette jeune fille, qui ne le connait pas pourtant, mais, qui le pleure de toute ses forces quoi qu’il ait fait parce que « c’est un être humain avant tout … » et que devant la mort il n y a jamais de victoire même pour celui qui a tué. 3. Troisièmement, il est tout à fait honorable pour Zimu, dont je n’ai pas aimé quelques passages de sa réponse diffusée sur Internet même si très pertinents et très bien fournis, de voir sa chanson alimenter un débat contradictoire. Le journaliste de l’article Halim Akli, est d’ailleurs en complète contradiction avec lui-même en avançant au début de sa critique son point de vue subjectif sur les talents de Zimu. Zimu devrait se réjouir aussi de voir une chanson à lui, mériter un dépiautage alors que des albums entiers de nos grands artistes passent inaperçus mis à part quelques papiers dans les journaux destinés aux acheteurs pour faire vendre le plus grand nombre de CD. En citant Aït Menguellet à la fin de sa réponse, Zimu, aurait aussi bien fait de citer le dernier passage de Lounis dans la chanson (Aqbayli). Cette chanson est une autocritique pertinente de notre société mais à la fin Aït Manguellet, redoutant sûrement les critiques comme celles que reçoit Zimu aujourd’hui, a pris de court les auditeurs en devinant leurs dires : (Atas ara s-yinin, leflani la r-yessefcal … Beaucoup diront sans doute, que Lounis nous « démoralise, démotive …etc) et c’est exactement le cœur du sujet de l’article de Halim Akli qui reproche à Zimu de chanter (l’inutilité de la lutte) mais la chanson de Zimu, comme j’essaierai de vous le démontrer est loin de scander l’inutilité de la lutte.
Zimu, dans les quatre premiers couplets de sa chanson nous donne une description remarquable de la « mise à mort » d’un jeune. Ces couplets captivant mettent l’auditeur directement dans le bain du sujet. Avec le choix d’un lexique courant et une interprétation émotionnelle (j’écoute la version envoyée sur dailymotion, qui est, à mon avis nettement meilleure), Zimu a su remarquablement dresser le décor de sa chanson.
Dans le 5e. Couplet Zimu introduit un crochet à partir du 1er. Vers pour pointer le désappointement du jeune assassiné en se voyant s’octroyer un mérite et des fleurs sur sa tombe alors que « personne ne parlait de lui lorsqu’il épuisait ses jours au village » « maintenant que son corps est pourri 3 mètres sous terre on le couvre de gerbes de fleurs » [Même le premier ministre Ahmed Ouyahia qui a eu droit à un slogan durant les manifestations du printemps noir (Ouyahia Axabit (le traître)) a eu l’honneur de déposer une gerbe de fleur sur la tombe de Massinissa le premier jeune à tomber sous les balles des gendarmes]. Pour vous dire la grande déception de toute une génération de révoltés.
Le 6e. Couplet est dédié aux manipulateurs qui ont tout fait par leurs discours pour que des jeunes tombent encore et encore après des mois de l’assassinat du 1er. Jeune kabyle.
Le 7e. Couplet a porté sur nos politiciens symbolisés par « Said d Lhusin » qui « se chamaillent, toujours sur la tombe du jeune assassiné ». Là, Halim Akli, prend à son compte une interprétation subjective de ce vers en parlant de « récupération de la mort des jeunes » alors que Zimu, à mon avis, oppose la bassesse des chamailleries des deux partis devant la tragique mort de jeunes kabyles, l’heure est grave lorsqu’il y a mort d’Hommes. La tragédie aurait dû peut être unir les rangs des kabyles dispersés par le multipartisme. Toujours dans le 7e. Couplet et le 9e. Sont dédiés aussi à ceux qui la tragédie a profité : Ceux qui ont produit des albums, ceux qui sont bénéficiaires des locaux de Bouteflika (les fameux locaux des genêts, nommés ironiquement par les citoyens au début du chantier ‘‘la plate forme n leksar’’), les voyous avec la multiplication des agressions, il est devenu d’ailleurs impossible de se garer gratuitement surtout à Tizi-Ouzou sans voir une bande de jeunes vous réclamer de l’argent, ceux qui ont essayé de refuser ont été tabassé ou assassinés (1 ou 2 cas) et le mouvement citoyen n’a rien fait pour arrêter cette anarchie pendant qu’il était mobilisateur.
Le 8e. Couplet porté sur le mouvement citoyen (les ârouch) éclatés : un groupe allié aux partis plitiques, nous nous rappelant bien du groupe mené par Bouceta qui a appelé à voter RCD en 2004). Il y avait aussi les archs qui parlaient d’une plate forme scellée et non négociable mais qui sont finalement allé négocier. Il y a aussi ces archs « virtuel » dont parle Zimu celui des « gamins » sincères mais naïfs parce qu’il « rêvent » de changer la situation en « jetant des pierres ». Enfin, Zimu parle aussi de ces archs d’ulac smah ulac qui ont finalement pardonné [en invitant exemple Ouyahia à déposer une gerbe de fleur sur la tombe de Massinissa] n’est ce pas là un signe on ne peut plus clair de tourner la page !?
Dans le 10e. Couplet et le début du 11e. Le jeune assassiné, pour lequel Zimu prête sa voix dans cette chanson, parle à ses amis impliqué dans le mouvement il les voit rêvant toujours d’un printemps meilleur et leur donne son point de vue maintenant qu’il est mort car il regrette d’avoir franchi la porte de chez lui le jour où il a été assassiné.
Maitenant, je le sais, Je le sais mais c’est hélas trop tard, Ma mort, qu’à t-elle aporté de plus A la plate forme d’El ksar ? Si c’est pour Tamazight que je suis mort Elle a seulement besoin qu’on l’écrive et qu’on la parle (voir sur ce point après la traduction) Si je suis mort pour que tombe l’injustice C’est mon frère qui est à son origine (Ahmed Ouyahia est kabyle non ? … sans citer d’autres) Si je suis mort pour l’Algérie Pourquoi la mort n’a emporté que des kabyles ? (Là le sens mérite un autre article à mon avis)
A propos de tamazight : je suis étonné de voir Halim akli parler de l’enseigner en interprétant le vers des 5e. Et 6e. Vers du 11e. Couplet, n’oubliez pas que Zimu, selon sa biographie sur son site a fait des études en langue Amazigh et qu’il est auteur d’un recueil de nouvelles en kabyle qu’on ne trouve plus sur le marché apparemment. Zimu donc, soutient un avis sérieusement défendable en sociolinguistique selon lequel une langue vivante est celle qui se parle (point/). Par ailleurs, Zimu, n’affirme pas que l’enseignement suffise à l’émancipation de tamazight. Dans l’émission de BRTV, il a parlé de consommer la langue dans toute sa dimension culturelle et identitaire et c’est une position claire et positive. Permettez-moi de vous rappeler cette anecdote attribuée à Mohand Ouhyahia ou M. Mammeri selon laquelle un jeune kabyle aurait dit qu’il était prêt à mourir pour Tamazight mais pour qui Mammeri ou Mohand Ouyahia a répondu « tamazight a besoin de toi vivant ! ».
Le 12e. Et dernier couplet, Zimu, dans une prise de parole poétique, fait parler le jeune homme assassiné en dressant le constat d’une tragédie terminée (ass-agi tekfa tedyant). Les kabyles sont redevenus comme avant. La tragédie est éteinte elle n’est maintenant qu’un souvenir communément appelée « Un printemps (seulement) noir ». mais cependant, la mère du jeune assassiné est toujours en pleurs elle n’arrive pas à l’oublier et son père a finalement accepté de l’argent pour se taire (allusion faite à l’indemnisation proposée par le gouvernement algérien refusée au début puis acceptée par tous les parents des victimes du printemps noir. (là on eu droit à 2 versions je vous ai parlé de celle de dailymotion mais celle sortie dans le CD en vente maintient le refus du père de toucher l’indemnisation proposée par le gouvernement).
Voilà chers lecteurs. Vous verrez bien que l’originalité de Zimu et son courage est d’essayer de relater une tragédie non pas en glorifiant d’inutilité de la lutte mais on interpellant notre classe politique et nos élites à beaucoup plus de responsabilité et à réfléchir sur d’autres moyens plus efficaces pour venir au bout des obstacles. Halim Akli, demande à Zimu indirectement d’être patriotique et militant ou de faire dans les discours mobilisateurs alors que le militantisme maintenant est d’être conscient et la conscience vient de la vérité mais la vérité il faut la voir et la montrer et ce que fait Zimu à travers cette chanson. Ttif tidett yessefrahen lekdeb yessefrahen. Quoi que l’on dise d’aucun aujourd’hui ne peut affirmer que les remarques de Zimu dans cette chanson sont erronées. Cet artiste, parce que notre chanteur mérite largement cette qualité, est d’ailleurs très dégourdi dans ce genre d’entreprise ; je vous invite d’ailleurs à voir la portée de ces chansons « Aghennay Ouzekka » ou bien « yyad ma a teddudh ». Le dernier album de Zeddek Mouloud mérite une très grande attention je vous invite, puisque ce site semble interessé par ce genre de critique à decortiquer la chanson phare de l’album « lihala n tmurt ». Merci d’avoir pris le temps de me lire.
je me rappelle rappelle au milieu des années 80 , on arrêtait tout le monde sauf matoub et les mauvaises langues disaient de lui qu’il était soit un lâche ou un indicateur car les convictions de Matoub ne cadraient pas avec certaines personnes et beaucoup y croyaient à cela malheureusement et c’est à cette occasion qu’il avait composé cette chanson : tarwa l hif Votre acharnement sur zimu me rappelle étrangement cette période . Écoutez cette chanson : http://www.wat.tv/audio/matoub-tarw...
et vous allez voir que l’histoire a tendance à se répéter. Laissez tranquille les artistes car ceux ci ne peuvent absolument pas plaire à tout le monde .